Bribes de chantier.
« Je crois qu’on va tout casser à l’intérieur, enlever l’étage et toutes les couches sur les murs pour mettre un bardage en bois », que je lui ai dit.
« Anaïs, t’es pas sérieuse ? », qu’il m’a répondu.
Évidemment que j’étais sérieuse. J’avais déjà l’image en tête :
- cet étage inutile où l’on ne pouvait même pas se tenir debout,
- ce placo moisi fixé à même les fenêtres,
- la double couche de lino au sol qui sentait encore les produits désinfectants du jacuzzi,
et cette lumière… cette lumière qui fait danser les ombres des feuilles mais qui n’arrivait plus à passer, bloquée derrière des ouvertures murées.
« Et on aura fini au printemps prochain, pour mon anniversaire », que j’ai ajouté.
« Bah bien sûr », qu’il a rigolé.
Spoiler : on a presque réussi.
Et surtout, on a eu la chance d’être accompagnés par des artisans incroyables - des amis & des amis des amis des amis -, des vrais passionnés, minutieux, qui n’ont rien laissé au hasard. Les gros travaux ont été terminés dans les temps. Il a fallu tout repenser : démontage, isolation, bardage, création de la salle de bain, nouveau plancher dans l’extension, creuser à la grue une tranchée pour l’arrivée d’eau, reprendre toute l’électricité et la plomberie (tout était apparent sur la façade, je vous montre une photo plus bas, juste pour le fun), changer deux fenêtres PVC mal posées par des fixes en alu… Et j’en oublie sûrement.
Depuis mai, c’est à nous de jouer :
- trouver une cuisine (un enfer),
- choisir le sol (un autre enfer),
et puis, enfin, attaquer la partie fun : l’aménagement et la déco.
À l’heure où j’écris ces lignes, on a bien avancé. On s’était fixés comme objectif de terminer la cuisine et le sol de la salle de bain pour le premier anniversaire de l’achat (mi-juillet). On commençait à désespérer de trouver une cuisine qui nous convienne, quand miracle, la magie de Leboncoin a opéré.
Le week-end dernier, alors qu’on posait (enfin !) le sol de la salle de bain après des jours de réflexion, je tombe sur la cuisine parfaite : toute en bois, un petit air de “fait main” et de parfaite imperfection. Ni une, ni deux : je bombarde le vendeur de messages (à la limite du harcèlement), il me rappelle dans la journée. Le lendemain, on enchaînait deux allers-retours de 100 km pour aller la chercher, le sourire jusqu’aux oreilles et cette satisfaction douce de cocher une case de plus sur notre to-do list.
Ci-dessus, la vue vers la future cuisine (en linéaire au fond, sous la grande fenêtre) & la pièce à vivre.
Dans cet espace, nous avons d’abord enlevé le placo aux murs et fait sauter la cloison sous l’escalier derrière laquelle se cachait des toilettes et le chauffe-eau (photo 2).
Ensuite, nous avons fait appel à des artisans charpentiers pour la dépose de l’étage et la surélévation de la poutre de maintien de l’écartement (photo 3). On a ensuite pu poursuivre le démontage des dernière couches aux murs (un lambris en pvc imitation bois, et une couche de polystyrène). Et accessoirement enfin découvrir la “grande” fenêtre qui était bloquée par le placo et l’escalier.
Sur la dernière photo, la pose du lambris se termine. Les artisans ont posé une couche de laine de bois et un lambris en sapin d’aspect brut de sciage.
Même déroulé ici : même prise de vue aux différentes étapes du chantier (avec un petit teasing sur le sol !). La porte d’entrée était murée sous du placo. On a donc pris un malin plaisir à tout faire sauter et à découvrir au fil de l’eau une porte en bois, une fenêtre derrière le placo d’une douche, puis une autre derrière le mur de la cuisine, et ainsi de suite dans chaque pièce. C’était improbable ! Mais heureusement, pas de mauvaise surprise, toutes les fenêtres sont en très bon état et le bois est encore comme neuf.
En photo 1, l’espace avant, avec le petit jacuzzi ouvert sur la cuisine, histoire de respirer les bonnes odeurs de chlore pendant l’apéro ! Heureusement pour nous, le mur du fond derrière le jacuzzi avait été fait à la va-vite. Il a été assez simple à démonter. Le plus dur aura été de porter les 190 kilos de la bête, et de le monter sur le hardtop du 4x4 de l’acheteur leboncoin.
On a décidé de se faciliter la vie en gardant la pièce en demi-niveau (elle est plus basse que le reste du chalet). L’idée sera d’installer une banquette en U (gros teasing en photo 4 !) et de remplacer la baie en PVC (photo 2) par une fenêtre fixe pleine sans montant, pour une vue plus immersive sur la forêt.
Je vous laisse admirer le travail à faire sur la plomberie et l’élec : tout était de bric et de broc, fixé à même la façade.
À ce stade, vous vous demandez peut-être, comme nous à l’époque : mais pourquoi diable toutes les ouvertures avaient-elles été murées ?
L’ancien propriétaire avait transformé le chalet en gîte Airbnb, mais il y stockait aussi du matériel pour son activité professionnelle. Il avait donc réorganisé l’espace pour que les locataires accèdent par l’arrière du chalet, et ne voient plus du tout l’avant, côté rue, où il garait son camion et entreposait ses affaires.
Alors certes, la vue sur l’arrière est bien plus jolie - elle nous plonge dans la forêt -, mais ça n’en restait pas moins sombre, franchement pas aux normes et creepy sur les bords. On n’avait pas d’autre choix que de tout reprendre à zéro (vous sentez le discours bien argumenté que j’ai servi à Ben ?).
Pour l’anecdote, si ça semble évident aujourd’hui d’avoir voulu “tout casser”, ça ne l’était pas à la première visite. J’avais visité seule, j’avais trouvé ça “en l’état”, avec beaucoup de travail à réaliser comme l’élec, la plomberie, l’aménagement, mais rien d’insurmontable. Et puis vient la deuxième visite, avec Ben. On vérifie des points techniques sur l’avant du chalet (du style : mais comment ça se fait que ce truc n’ait pas encore brûlé ?), je monte sur la terrasse et j’aperçois le volet de gauche entrouvert. Et là tout s’éclaire et je me dis : “mais put*in il y a encore une fenêtre en dessous ?!”. On comprend alors que tout le placo à l’intérieur du chalet a été fixé à même les fenêtres, et que les travaux vont donc être bien plus importants que prévu (je dois l’avouer aujourd’hui - car il y a prescription - de mon côté je sautais intérieurement de joie car j’avais l’excuse PAR-FAI-TE pour justifier le fait de tout démonter et de passer sur un intérieur en bois comme j’en rêvais).
La suite des travaux arrive bientôt !